GRAND VIN DE BORDEAUX

Art & vin

Quoi de plus naturel que de marier l'Art et le Vin. Tous deux figurent parmi les premières expressions de la grandeur humaine. Il y a des dizaines de millénaires, dès qu'il s'est redressé sur ses membres postérieurs et s'est abrité dans des excavations naturelles, l'homme a développé son expression artistique. Il y a quelques millénaires, quand les civilisations anciennes ont commencé à se structurer autour du berceau méditerranéen, la culture de la vigne s'est développée avec vigueur. D'abord réservée aux élites, également reconnue pour ses nombreuses vertus médicinales, la consommation du vin s'est progressivement élargie aux populations entières. Au début du vingtième siècle le vin faisait tellement partie de la dose alimentaire quotidienne que les taxes prélevées dessus représentaient le quart du budget de l'Etat français (à peu près à l'équilibre à l'époque!). Nous nous éloignions alors de l'expression artistique.

Aujourd'hui sa consommation est redevenue plus sélective. Le gros rouge disparaît au profit d'un côté de vins industriels de marque parfois bien faits, et de l'autre, et heureusement, de beaux vins d'expression des terroirs. Ce sont évidemment ces derniers qui nous intéressent. Ils magnifient ces millénaires de culture, de raffinement, de convivialité humaine et de qualité qui font des grands vins de véritables ouvres d'art.

Le château du Petit Puch figure parmi ceux-là. C'est donc tout naturellement que ses propriétaires favorisent une expression artistique dans la sculpture et la peinture en complément de celle du vin. Ils sont tombés amoureux du talent de Gino Ruggieri et souhaitent contribuer au rayonnement de son art.

Rencontre avec l'artiste, Gino Ruggeri

Un soir d'hiver 2006, sous un ciel lourd et métallique, sur la rive droite de la Garonne du côté de Langoiran, j'aperçois au milieu d'un vaste bric-à-brac une étrange pièce de ferronnerie. Depuis, impossible de la dégager de mon esprit jusqu'à ce que je revienne quelques jours plus tard à un moment d'ouverture de l'atelier et que je fasse la connaissance de Gino Ruggeri, peintre et sculpteur. Quelques jours après, il installait cette première sculpture dans le jardin intérieur du château pour notre plus grand plaisir. J'aime la voir de l'entrée du jardin du château ou la contempler de la fenêtre Est de la bibliothèque.

Né le 6 décembre 1957 à Libourne, cet artiste complet, peintre, sculpteur et décorateur est passé du mouvement académique à une abstraction de sa peinture et de sa sculpture qui tendent à la recherche du plaisir et de la spontanéité. Son style très personnel témoigne d'une recherche qui s'inscrit hors des courants de mode au travers d'une approche permanente de révélation artistique où la qualité du trait et la pertinence des choix chromatiques se combinent pour donner vie à des travaux uniques où l'on retrouve les goûts viscéraux de cet artiste atypique pour l'amour, l'univers festif et la puissance de l'authenticité. Cette recherche perpétuelle s'accompagne d'une maîtrise des techniques d'expression artistique les plus abouties pour un plaisir visuel sans cesse renouvelé. Le terme qui me vient pour décrire Gino le mieux est "La Force Heureuse".

Gino Ruggeri - Atelier de Tabanac - 33550 Tabanac FRANCE - 06 61 23 01 61

L'origine du monde
L'origine du monde
Cette première sculpture, Gino la nommait simplement "Mobile". Moi je l'ai baptisée "L'Origine du Monde". Rien à voir évidemment avec le tableau homonyme de Gustave Courbet peint en 1866. Pour moi cette oeuvre représente en effet tous les paramètres essentiels à la vie : la structure est composée de bandes métalliques torturées de roues de charrues, base de l'agriculture nourricière dans l'effort. Dans les protubérances et cercles qui s'en détachent, je vois les grappes et les raisins, bases de notre civilisation occidentale. Enfin, le volume général de l'ensemble rappelle la forme de l'oeuf, départ de la vie primitive. Sous un autre angle de pensée, on peut l'imaginer comme une tête humaine dont la partie supérieure élargie illustre l'agrandissement du cerveau qui a permis à l'homme de devenir civilisé. Chacun y verra ce qu'il veut, mais je crois que dans sa simplicité et son pouvoir créateur, c'est une grande oeuvre.

Visible dans le jardin intérieur du château.

César
César
Cette oeuvre est beaucoup plus figurative. Elle est composée de plusieurs métaux de récupération, bronze pour la couronne, plaques d'acier poli pour la cuirasse, alliages d'acier et de cuivre pour les arbres à cames d'avion qui forment les bras ou les sceptres, pelle de fer oxydé pour le visage et le trousseau de clés autour du cou. Gino l'a baptisée "César" portant les clés de toutes les villes qu'il a conquises. J'aime ce nom. Je trouve simplement qu'il montre un visage charmant qu'on n'attendait pas d'un homme de pouvoir de cette trempe. Peut-être après tout les hommes politiques de cette époque étaient-ils plus avenants que les nôtres aujourd'hui !

Exposé dans l'entrée principale du château.

Totem
Totem
Hiératique, fin et élancé, un oeil de cyclope au milieu du front, c'est un guerrier africain scrutant la savane. Ou c'est peut-être un totem sollicitant de la bienveillance des dieux les conditions climatiques propices à nos activités humaines. A vous de juger.

Exposé dans la grande salle de dégustation du château.

Taureau
Taureau
Plein d'énergie et de puissance, rassemblé sur ses membres postérieurs, curieux, c'est peut-être un taureau entrant dans l'arène, évaluant son nouvel environnement avant de déchaîner son énergie et sa fureur. Mais un peu comme notre "César", je trouve qu'il une tête sympa. Gentillesse initiale, drame final. Peut être l'illustration de la pensée rousseauiste selon laquelle l'homme naît bon, mais c'est la société qui le pervertit.

Exposé dans la grande salle de dégustation du château.

Taureau mourant
Taureau mourant
Las, épuisé après un rude combat, le taureau se résigne à sa fin. Fléchi sur ses membres antérieurs, les cornes encore levées dans un dernier effort, il s'offre à l'épée libératrice.

Exposé dans la grande salle de dégustation du château.

l'amour et la mort
L'amour et la mort
Un diptyque saisissant tout en blanc et noir avec des jetés d'or. L'amour, la mort, la richesse, il ne manque que le vin de la célébration. Une oeuvre très forte, épurée et sensuelle, matador triomphant, femme expectante. On ne peut évidemment s'empêcher de penser à Carmen de Bizet : "toréador, l'amour, l'amour t'attend".

Exposé dans la grande salle de dégustation du château.

Le sarment de vigne
Le sarment de vigne
Un bout de ferraille tordue trouvée dans un champ. Monté sur socle, il prend vie et devient un saisissant sarment de vigne. Beauté dans la simplicité.

Exposé dans la grande salle de dégustation du château.

Picador
Picador
Un grand tableau dans les teintes marron, ocre et noir. La crinière bouclée et l'oeil étoilé du cheval amènent un contraste de gaîté au visage fermé du picador et à l'aspect sombre de l'oeuvre. La raideur des membres est étrangement balancée par la relative courbe de la pique qui traverse tout le tableau à droite. Une oeuvre puissante et fascinante.

Exposé dans la salle à manger du château.

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